Les actualités de la semaine du 20 mai par l'équipe ISR

  • Goodvest
29
May
2024

Du côté de l’investissement responsable

Découverte de pétrole en Antarctique : une menace pour l'environnement

La récente découverte par la Russie de 511 milliards de barils de pétrole sous l'Antarctique suscite de vives inquiétudes. L'Antarctique est un continent riche en ressources naturelles, ce qui en fait une cible convoitée par plusieurs nations. Pourtant, depuis la signature du Traité sur l'Antarctique en 1959, ce continent est protégé pour des fins scientifiques et exempt d'activités industrielles. 

La découverte de ces gigantesques réserves de pétrole par la firme russe RosGeo, dans la région dite "britannique" de l'Antarctique, est sans précédent. Elle représente près de dix fois la production cumulée de pétrole en mer du Nord depuis cinquante ans, et presque le double des réserves actuelles de l'Arabie saoudite. Une telle découverte pourrait redéfinir les stratégies énergétiques et les rapports de force géopolitiques mondiaux.

Les scientifiques à bord affirment que leurs recherches sont purement géologiques et sismiques, mais les inquiétudes persistent quant à une possible prospection pétrolière, malgré l'interdiction internationale.

Même s’il est très peu probable qu’un tel forage voit le jour compte tenu des traités internationaux et de l’interdiction de l’exploration industrielle, il faut rester vigilant face à une telle menace. L’exploitation de cette immense réserve de pétrole pourrait sérieusement compromettre les efforts mondiaux pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et limiter le réchauffement climatique. 

Alerte de l'Agence internationale de l'énergie : Pénuries imminentes des métaux critiques pour la transition écologique

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) met en garde contre des pénuries imminentes de cuivre et de lithium. Selon les prévisions de l'AIE, les mines actuellement en exploitation et les projets en développement ne pourront répondre qu'à 70% de la demande de cuivre d'ici 2030. Pour le lithium, la situation est encore plus critique, avec seulement 50% de la demande prévue.

La demande en métaux critiques explose avec la transition vers les énergies bas-carbone. Selon l'AIE, la consommation de métaux devrait doubler d'ici 2030 et être multipliée par quatre d'ici 2040 dans le cadre du scénario de neutralité carbone. Cette augmentation massive est due à l'essor des technologies vertes, qui nécessitent des quantités importantes de métaux comme le cuivre et le lithium.

La baisse spectaculaire des prix du lithium, du nickel et du cobalt en 2023 a favorisé la réduction des coûts des technologies bas carbone, comme les batteries des voitures électriques. Cependant, elle freine également les investissements nécessaires dans l'industrie minière (compte tenu de l’érosion du profit mais aussi de la hausse des coûts de production). L'AIE estime que 800 milliards de dollars d'investissements seront nécessaires d'ici 2040 pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.

Carte de France de la dépendance en eau

La carte de France conçue dans le cadre du projet CrATER, un outil libre développé par Les Greniers d'Abondance, montre la dépendance en eau par commune. 

Pour visualiser la carte : CrATER

En France, pour la décennie 2010-2020, la consommation d’eau s’est répartie ainsi :

  • 58% pour l’agriculture,
  • 26% pour l’eau potable,
  • 12% pour l’énergie,
  • et 4% pour toutes les autres industries (source : INRAE)

Répartition de la consommation d'eau en France entre 2010-2020

En 1995, la répartition était différente : 

  • 43% pour l'agriculture,
  • 42% pour l'eau potable,
  • et 15% pour le reste.

Répartition de la consommation d'eau en France en 1995

En 30 ans, la part des prélèvements agricoles a considérablement augmenté, tandis que celle de l’eau potable a été presque divisée par deux.

En 5 ans, les prélèvements pour l'irrigation agricole ont augmenté de 22%, et les arrêtés "sécheresse" ont été multipliés par 4. Aujourd’hui, la France devient de plus en plus vulnérable dans sa gestion des eaux superficielles.

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Du côté de l’économie et des marchés

Les nouveaux critères pour les noms des fonds

L'Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a récemment publié de nouvelles directives pour lutter contre l'écoblanchiment dans le secteur financier. Ces nouvelles règles viennent combler un vide réglementaire, car jusqu'à présent, tout placement financier en Europe pouvait se nommer "vert", "durable" ou aligné avec des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) sans véritable contrôle. Cette absence de réglementation permettait une concurrence déloyale entre les gestionnaires d'actifs, chacun cherchant à attirer les épargnants avec des promesses écologiques souvent infondées.

Les nouvelles directives de l'Esma stipulent que pour qu'un fonds puisse inclure les termes "ESG" ou "durable" dans son nom, au moins 80 % de ses investissements doivent viser des objectifs environnementaux ou sociaux, mesurés à travers des indicateurs spécifiques. De plus, ces fonds doivent respecter les indices alignés avec l'Accord de Paris de 2015, excluant notamment les entreprises liées au tabac, aux armes, au charbon (les entreprises ayant 1% de leur chiffre d’affaires lié au charbon) et au pétrole (les entreprises ayant 10% de leur chiffre d’affaires lié au charbon).

Cependant, les fonds se revendiquant de "transition" ne sont pas soumis aux mêmes exclusions strictes et peuvent se baser sur les indices de transition climatique. L'objectif est de ne pas pénaliser les investissements dans des entreprises en transition vers une économie plus verte.

Les nouvelles règles de l'Esma visent à réduire l'écoblanchiment et à établir des normes claires pour les pratiques marketing dans le domaine de la finance durable. Les fonds existants ont désormais neuf mois pour se conformer aux règles de l'Esma​​​​​​.

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La dette française

Avec un déficit à 5,5% du PIB et une dette de 110,6%, les comptes de la France sont parmi les plus dégradés de l'Union européenne en 2023. Le Fonds Monétaire International (FMI) a récemment publié ses recommandations pour aider la France à réduire sa dette. L'organisation internationale préconise des mesures ciblées sur les dépenses publiques, notamment les aides aux entreprises, les niches fiscales et les collectivités locales, tout en rejetant la piste de hausses générales d'impôts.

Pour atteindre la cible de déficit de 3% en 2027, le FMI recommande un meilleur ciblage des allocations-chômage et des dispositifs de soutien aux travailleurs et aux entreprises ainsi que la rationalisation des dépenses en faveur de la R&D et de l’innovation. Il propose également de contenir l'augmentation de la masse salariale du secteur public en réduisant les chevauchements administratifs. Concernant la transition écologique, le FMI parle d’une suppression progressive des taux réduits et des exemptions fiscales sur les combustibles fossiles.

Le point marché

La bourse américaine (le S&P 500 et le NASDAQ) a atteint de nouveaux sommets la semaine dernière propulsés par des résultats de Nvidia. De l’autre côté de l’Atlantique, la BCE a rapporté une augmentation des salaires de 4,7%. 

De plus, les tensions inflationnistes persistent aux États-Unis, remettant en question la prochaine baisse des taux. En effet, l’activité économique ne ralentit pas assez pour pousser les banques à baisser leurs taux.

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