Le Private Equity, un outil de diversification au service de l’économie réelle

  • Matthieu de Goodvest
3
January
2024

Le Private Equity : une classe d’actifs en plein essor

Le Private Equity connaît un engouement particulier depuis quelques années avec des montants investis qui ne cessent d’augmenter. Revenons sur son fonctionnement et son intérêt au sein d’une allocation patrimoniale.  

Qu’est-ce que le Private Equity ?

Le terme Private Equity, ou capital-investissement, désigne tout ce qui n’est pas coté sur les marchés financiers. À la différence d’un placement en Bourse, le Private Equity permet donc d’investir dans des sociétés non cotées, de participer et financer directement leur croissance. Généralement, il s’agit de financer le développement de PME (Petites et Moyennes Entreprises) ou d’ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire). 

Il s’agit donc d’une alternative de placement d’une partie de son patrimoine tout en évitant la volatilité quotidienne liée aux marchés financiers.

Quel est son fonctionnement ?

Les stratégies d’investissement en Private Equity peuvent être différentes et vont dépendre de la maturité d’une société :

  • Le capital-risque (ou Venture Capital) : L’objectif est de financer une entreprise en phase de création ou qui débute son activité. Le financement est donc dédié à la conception d’un premier produit ou à accompagner sa première commercialisation. On entend souvent parler de Seed, Early Stage, Série A, Série B pour désigner la maturité du projet à financer.
  • Le capital-développement : À ce stade, il s’agit d’investir de manière minoritaire dans des sociétés matures, rentables, qui ont atteint un seuil significatif avec de fortes perspectives de croissance. Le financement va donc permettre de poursuivre le développement de l’entreprise, de réaliser de nouveaux investissements, de moderniser son outil de production et lancer de nouveaux produits et services. Ce segment du Private Equity est moins risqué que le capital-risque dans la mesure où l’entreprise existe depuis un certain nombre d’années et dispose de données historiques. 
  • Le capital-transmission : Ce segment est très proche du capital-développement à la différence que l’objectif est d’acquérir une société rentable par emprunt. On parle alors d’achat à effet de levier (ou LBO, Leveraged Buy-Out). C’est notamment le cas lorsqu’un dirigeant souhaite céder sa société en plusieurs étapes en s’associant à un fonds d’investissement.  
  • Le capital-retournement : Dernier segment du Private Equity, l’objectif est d’investir au capital une société en difficulté. Cela regroupe alors différentes opérations de gestion, de restructuration et de refinancement en vue du redressement de la société avec pour objectif d’apporter un soutien à la société, une préservation de l’activité et des emplois. 

Compte tenu de la nature des différentes stratégies, le Private Equity doit s’envisager sur le long terme. D’autant plus que les capitaux investis peuvent être bloqués sur des périodes relativement longues, parfois jusqu’à 10 ans.

En conclusion, le Private Equity regroupe différentes catégories au sens large. Le terme est généralement utilisé pour désigner un investissement dans une société non cotée en Bourse indépendamment de la stratégie mise en œuvre.

Quel est l’intérêt du Private Equity ?

Un excellent outil de diversification au service de votre patrimoine

L’investissement dans des actifs non cotés comme le Private Equity offrent des opportunités de diversification intéressantes dans le cadre d’une allocation patrimoniale. En effet les facteurs de rendement sont, par nature, différents des classes d’actifs traditionnels permettant donc de diversifier et dynamiser son patrimoine. Cette classe d’actifs offre en moyenne des performances plus importantes sur le long terme en comparaison des actions cotées en Bourse. Nous reviendrons par la suite sur les perspectives de rendement de ce type d’investissement.

Le Private Equity permet par ailleurs de réduire sa sensibilité aux fluctuations des marchés financiers. Par définition, ces derniers sont volatils dans la mesure où ils sont cotés et un prix est disponible de manière instantanée. Le Private Equity n’affiche pas de cotation journalière dans la mesure où sa liquidité est restreinte. De ce fait, ce type de placement est source de décorrélation des cycles boursiers et de leur volatilité.

Lire aussi : La pyramide de l’épargne, ou comment diversifier son patrimoine financier

Des perspectives de rendement plus intéressantes que les classes d’actifs traditionnelles…

Comme nous l’avons indiqué précédemment, le Private Equity affiche, historiquement, des rendements attractifs par rapport à des classes d’actifs traditionnels. Force est de constater que la performance de cette classe d’actifs est supérieure à toutes les autres classes d’actifs sur un horizon lointain. 

Source : France Invest / EY - Performance nette des acteurs français du capital-investissement / Juillet 2023

Performance sur 10 ans des indices CAC à dividendes réinvestis, Credit Suisse Hedge Funds Index (périmètre international), EDHEC IEIF Immobilier d’entreprise France. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital. 

Le Private Equity constitue donc un placement dont l’espérance de gain est plus élevée.

… mais un risque plus important

Attention ! Revenons aux fondamentaux de la finance : pas de rendement sans risque ! Il s’agit d’une relation incontestable à avoir en tête avant toute décision d’investissement. 

Naturellement, compte tenu des perspectives de rendement attractives, le Private Equity est un placement risqué. 

Tout d’abord, il n’existe aucune garantie du capital (et des gains également). Le risque de perte peut donc être partiel ou total. D’autant plus que les sociétés financées sont parfois à un niveau de maturité moindre par rapport à certaines sociétés cotées en Bourse. Ce risque est d’autant plus fort lorsqu’on intervient tôt dans la vie d’une société. Elles peuvent également présenter une probabilité de faillite plus importante que des sociétés cotées en Bourse en cas d'événements défavorables. D’où l’intérêt de diversifier également les stratégies d’investissement en Private Equity en investissant via un fonds.

De la même manière, il faut tenir compte de l’absence de liquidité sur ce type d’investissement. À la différence d’une action cotée en Bourse qui peut être vendue instantanément, et est donc liquide, les titres non cotés ne le sont pas ou peu. Cette liquidité dépend de la capacité à céder rapidement un actif. Dans le cas d’une société non cotée, cette liquidité peut être obtenue en cédant ses titres, à condition de trouver un acheteur ce qui n’est pas une mince affaire en dehors d’un marché réglementé comme la Bourse. En l’absence de liquidité, un investissement en actifs non cotés ne peut pas obtenir le remboursement de son capital à tout moment. 

Par conséquent, il est recommandé d’envisager ce placement à long terme (8 à 10 ans) et surtout de n’y consacrer qu’une partie de son patrimoine, uniquement celle qui peut être bloquée pendant plusieurs années.

Conseil de Matthieu : En raison du risque important et de la liquidité moindre (à la différence de l’assurance-vie par exemple), le poids de ce type d’investissement ne doit pas représenter plus de 10%, voire 15% pour les plus aventureux, au sein d’un patrimoine diversifié. La durée sera également cruciale dans la mesure où un investissement en actifs non-cotés nécessite plusieurs années avant d’en voir le plein potentiel.

Un placement permettant d’accentuer l’impact de son portefeuille

Une autre manière de financer l’économie

À la différence des marchés financiers, le Private Equity constitue une autre manière de donner du sens à son épargne. C’est un excellent moyen de financer des PME et ETI françaises ou européennes par exemple qui représentent une grande partie de notre tissu économique. 

De la même manière, c’est un outil incontournable pour accentuer l’impact de son patrimoine en investissant dans des sociétés qui intègrent des critères ESG. Le Private Equity peut être utilisé afin de favoriser des entreprises développant des solutions dédiées à la transition climatique (énergies renouvelables, l’agriculture durable, l’isolation de bâtiments) ou des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS). Autrement dit, c’est une façon de financer l’économie réelle tout en ayant un impact positif sur la société et la planète.

Lire aussi : À quoi correspondent les critères ESG ?

Comment investir dans le Private Equity ?

Il existe différentes façons d’investir dans le Private Equity. 

La première étant en direct, la fameuse activité de business angel, en achetant donc directement des parts de sociétés non cotées. Néanmoins, il convient d’être suffisamment averti, de comprendre le secteur et l’activité de la société, d’étudier son business model pour comprendre son potentiel et surtout d’être en mesure de mobiliser des capitaux importants. À noter qu’il est également possible d’investir en direct via des plateformes de crowdfunding. D’usage, les plateformes vous fournissent justement un certain nombre d’informations vous permettant de prendre vos décisions de manière éclairée. 

Conseil de Matthieu : Dans le cas où vous souhaiteriez vous lancer dans une activité de business angel, il convient de ne pas oublier la première règle de l’investissement : la diversification. Investissez dans plusieurs sociétés, dans plusieurs secteurs d’activité et éventuellement sur plusieurs zones géographiques afin de diminuer le risque de votre portefeuille.  

Si vous ne souhaitez pas directement choisir les sociétés et investir en toute simplicité, vous pouvez alors privilégier les fonds d’investissement gérés par des sociétés de gestion. C’est notamment le cas des FCPI, FPCI, FCPR ou FIP etc. Ces véhicules d’investissement permettent de vous offrir une bonne diversification en investissant dans une vingtaine de sociétés par exemple. Ils sont pour la plupart directement distribués par des établissements bancaires ou des conseillers en gestion de patrimoine. Certains de ces supports permettent par ailleurs, au même titre que l’investissement en direct, de bénéficier d’avantages fiscaux (réduction d’impôt à hauteur de 18% ou 25% du montant investi, exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values etc). 

Conseil de Matthieu : Attention ! Quand bien même ces supports offrent des avantages fiscaux, la défiscalisation ne doit jamais être le premier moteur d’investissement. 

De la même manière, il convient d’être vigilant sur les frais appliqués qui peuvent se cumuler et être conséquent (frais de souscription, frais de gestion annuels, commission de surperformance, pénalités de sorties etc).

Ces fonds d’investissement sont malheureusement difficilement accessibles en raison des tickets d’entrées importants, souvent à partir de 100 000€. En revanche, depuis quelques années, le Private Equity peut également être intégré au sein de produits assurantiels comme l’assurance-vie ou le Plan Épargne Retraite avec des tickets d’entrée plus faibles, à partir de 1000€. Une bonne façon de s’essayer à ce type de placement en profitant de conditions raisonnables. De plus, dans certains cas, l’assureur assure même la liquidité du placement en cas de sortie anticipée, tout en insérant des conditions particulières afin de ne pas pénaliser la société de gestion. Néanmoins, il convient de garder à l’esprit que l’investissement en Private Equity s’envisage sur le long terme !

Chez Goodvest, nous croyons fermement à l’intérêt du Private Equity comme outil de financement de la transition écologique. N’oublions pas que dans notre paysage économique, la grande majorité des sociétés ne sont pas cotées en Bourse. Il est donc primordial de cibler des secteurs et entreprises qui présentent des solutions innovantes et qui contribuent de manière significative à la transition écologique.

Néanmoins, ce type de placement étant spécifique, nous prenons le temps d’analyser chacune des entreprises sous-jacentes afin de s’assurer du respect de notre cahier des charges, à savoir une exclusion des secteurs néfastes comme les énergies fossiles et un alignement avec l’Accord de Paris. De la même manière, nous souhaitons sélectionner les supports les plus accessibles et les plus compétitifs pour vous permettre d’investir dans l’économie réelle de la meilleure façon.

N’hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter afin d’être tenu informé de notre actualité et notamment de la sortie de ce nouveau produit. 

En conclusion, le Private Equity représente une source de diversification intéressante par rapport aux classes d’actifs traditionnels en permettant de financer l’économie réelle et accroître l’impact de son portefeuille. Néanmoins, il est important de rester vigilant face aux risques associés, de l’utiliser avec parcimonie afin de conserver un certain équilibre dans son patrimoine.

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